Le système foncier kongo, au Zaïre

1994

Abstract / Résumé / Resumen

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Un Séminaire-Atelier Cultures et Développement fut organisé fin 1993 par APRODEC INTERNATIONALE (ONG zaïroise)et son secrétaire général Badika Nsumbu.Les participants à l'Atelier analysèrent le système foncier kongo dans le Bas-Zaïre. Le droit de tous à la terre par le fait même qu'on est membre du clan est une garantie de non-exclusion sociale. Nul ne sera marginalisé. La terre des ancêtres est sacrée et inaliénable. Cependant, il y a dans le système actuel de sérieux freins au développement. Le chef décide jusqu'où on peut défricher. Cela peut jouer comme frein à l'extension des cultures. Il met aussi un frein quant au temps de travail. Cela freine certes la production mais cela assure la survie du groupe et une relative égalité. La peur de représailles en cas d'accusation de "mpodi" (vol de la force vitale des champs voisins)est un frein terrible à l'excellence individuelle. Le système foncier entraîne aujourd'hui une multitude de conflits et mutile l'homme. Cependant, il y a dans le système foncier un ressort for utile, la "Nkunku" : parcelle mise à part par le groupe et son chef pour la plantation d'un verger. Il s'agit d'une institution intéresante pour le reboisement. Les Teke se voient dépossédés par les villes installées sur leur territoire, et par de grandes fermes attribuées par les autorités d'Etat après avoir forcé la main aux chefs coutumiers. Ceux-ci n'ont pas le droit de céder la terre ancestrale mais se conduisent souvent comme "propriétaire" et non comme gardiens ou garants. La loi Bakajika prévoit que tout propriétaire perd sa terre non mise en valeur pendant 5 ans. Cette loi excellente et qui s'inspire de la culture traditionnelle doit être expliquée. En Mélanésie, les indigènes furent fascinés par la cargaison apportée par les énormes moyens de transport des Blancs. Ils ont pensé qu'il suffisait de prier et d'accomplir quelques gestes pour que "le bonheur" arrive. L'O.A. risque d'alimenter ce "Culte de Cargo" et d'arracher pour des projets douteux de précieuses terres ancestrales car le chef coutumier, fasciné par un développement séduisant mais trompeur, est tenté de faire des concessions inconsidérées.

Authors / Auteurs / Autores

VERHELSTThierryRéseau Sud Nord Cultures et Développement172 rue Joseph II. B-1040 BRUXELLES. BELGIQUE. Tel (19)32 2 230 46 37.Fax (19)32 2 231 14 13 
    Réf_documentaires: NSUMBU, Badika
    Origine_information: COMPTE RENDU DE COLLOQUE