Création d'un réseau d'échanges réciproques de savoirs au collège d'Amplepuis dans le Rhône

1996

Abstract / Résumé / Resumen

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La principale du Collège d'Amplepuis (Rhône), (élèves de 10 à 16 ans)m'a dit il y a environ un an : "Voudrais-tu créer un Réseau d'Echanges Réciproques de Savoirs ?" Je la regardai, interrogative car je ne connaissais pas les Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs. Elle m'expliqua alors qu'elle souhaitait aider les élèves et, en particulier, les élèves en échec scolaire. Elle m'indiqua que toute personne a un savoir et peut le transmettre. Dans les Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs, on est demandeur d'un savoir, mais en contrepartie on doit transmettre un de ses savoirs.

Nous avons passé une journée au collège Ponsard de Vienne (Isère), où le Réseau d'Echanges Réciproques de Savoirs existe depuis longtemps. J'ai été enthousiasmée et le Réseau d'Echanges Réciproques de Savoirs a débuté en décembre 1995. En deux mois, 150 élèves s'étaient inscrits sur 350 que compte le collège. Seule la principale est partie prenante avec moi et face aux collègues surveillants et aux professeurs réticents, ce n'est pas toujours facile. Je travaille depuis deux ans dans ce collège, je connais presque tous les élèves ; pour les mises en relation, j'allais les voir pendant les récréations. Au début, pour la mise en relation, je ne donnais pas le nom de l'offreur au demandeur. Mais j'ai eu des problèmes : "je ne m'entends pas avec lui", "il n'est pas plus doué que moi". Pour le repérage de savoirs, l'évaluation du savoir n'est pas aisée. Certains élèves arrivent au Réseau complètement certains de leur nullité. "Je suis nul, il faut m'aider en tout. Je ne sais rien". En dialoguant, je découvre qu'il fait de la musculation, du rugby ou qu'il sait réparer des mobylettes, ou qu'elle danse. J'avais beaucoup d'offreurs et de demandeurs pour les mobylettes. Je les ai tous rassemblés, et l'échange a été collectif. Ils se réunissaient régulièrement chez l'un ou chez l'autre pour réparer, modifier, échanger des pièces. Une des premières questions posées est : "c'est pour combien de temps ?" Je fixe à un mois. Nous renouvelons ou non le contrat à la fin du mois. Je les revois tous, nous faisons le point ensemble. Parfois, je cherche un autre offreur ou demandeur car les jeunes ont changé d'offres ou de demandes. Ainsi des échanges en ping-pong ont été créés. Cela a permis à certains élèves de surmonter leurs peurs. Ensuite, ils viennent s'inscrire pour des matières scolaires. Quand je ne trouve pas d'offreur, je les aide lorsqu'il s'agit d'une offre urgente : français, histoire, etc. Il m'a donc fallu moi-même me remettre à niveau pour assurer ces échanges, car le vocabulaire courant des jeunes comme le vocabulaire scolaire avait changé et je n'étais plus au courant. Je suis souvent offreuse et partiellement demandeuse. Au mois de septembre, j'essaierai d'être plus demandeuse.

A partir du mois de septembre, nous allons essayer de nous mettre en inter-réseau avec le centre social d'Amplepuis. Un centre social est une structure qui offre des activités pour les habitants du quartier. A l'intérieur de ce centre, enfants et adultes peuvent pratiquer la poterie, la cuisine, la peinture sur porcelaine ou sur soie, la menuiserie, etc., et tout ceci pour une somme relativement modique.

Authors / Auteurs / Autores

PERNEYAnnieMRERS : Mouvement des Réseaux d'Echanges Réciproques de SavoirsBP 56, 91000 Evry, FRANCE. Tel 01 60 79 10 11. Fax 01 60 79 15 41 
    Réf_documentaires: (France)
    Origine_information: RECIT D'EXPERIENCE
    Origine_information: TEXTE ORIGINAL
    Notes: Le MRERS est une association créée par Claire et Marc HEBER SUFFRIN en 1985 et qui fonctionne sur un mode de réciprocité ouverte, chaque participant étant à la fois offreur et demandeur de savoirs. Les fiches ont été produites dans les ateliers d'écriture de ce réseau.